2017-10-26

Plus des trois quarts des victimes d’homicides familiaux sont de sexe féminin

Au Québec, les hommes représentent 70 % des victimes de l’ensemble des homicides perpétrés en 2014. Pour ce qui est des homicides familiaux, une tendance inverse est observée puisque les femmes en sont les principales victimes. Elles représentent 78,9 % des victimes, alors que les hommes en constituent 21,1 %.

En ce qui concerne les 30 % de femmes assassinées en 2014, 90 % d’entre elles l’ont été dans un contexte familial. Ce fait rejoint le constat de Millaud et coll. (2008) stipulant que de 50 à 70 % des agresseurs sont des membres de l’entourage familial.

Les enfants de moins de 12 ans sont les principales victimes d’homicides familiaux

Durant la dernière décennie, 44 enfants de moins de 12 ans (16,4 %) ont été assassinés par un membre de leur famille, faisant d’eux les principales victimes des homicides familiaux. À partir de 12 ans, le nombre de victimes tend à augmenter avec l’avancement en âge jusqu’à 49 ans (graphique 4). Par la suite, il diminue.

Source : Sécurité publique Québec http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-et-statistiques/statistiques/homicides-familiaux/en-ligne.html

Je désire démontrer à l’aide de ces statistiques que la problématique de violence conjugale n’est toujours pas résolue. Ces données remontent à 2014, ce qui n’est pas si loin. Encore trop souvent, nous entendons à la télévision et lisons dans les journaux que des femmes et des enfants sont assassinés par un conjoint jaloux.

En fait, j’ai appris avec le temps, durant mes ateliers de dévictimisation, que l’homme devient jaloux au moment où sa conjointe tombe enceinte. Il jalouse en effet ce petit être qui vient prendre une place importante dans la vie de sa femme. J’insiste ici sur le mot SA; oui, il en fait SA possession. Maintenant, elle devient mère d’un petit être qui n’a pas demandé à voir le jour. Ce petit être, le conjoint violent n’est pas en mesure de l’endurer… même si c’est le sien. Comme il ne supporte pas devoir partager SA femme, il élimine la menace. Oui, c’est difficile à comprendre, mais c’est ce qui arrive dans les faits et les statistiques des homicides conjugaux le prouvent.

Le conjoint se dit alors qu’il n’y aura plus d’obstacle et que sa femme redeviendra sienne. Il s’agit d’une forme de violence très forte, de contrôle. Lorsqu’il tue aussi la mère, c’est surtout parce qu’elle a choisi de laisser le nid familial. Il se dit alors : « Si moi, je ne peux pas l’avoir, personne d’autre ne l’aura. »