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Escalade de la violence conjugale

Nous entendons de plus en plus parler de violence conjugale et d’agressions sexuelles. Les derniers mois, ce sont les personnalités publiques qui ont parlé pour dénoncer ces abus. Elles ont permis, d’une certaine façon, de donner une voix aux femmes qui n’en ont pas.

La violence faite aux femmes est présente et bien réelle, nous devons en parler. Cependant, est-ce que nous en parlons trop? Il fut un temps, à mes débuts, où je me suis attardée à cette question. Je craignais que si on en parlait trop, cela finisse par devenir banal. J’ai même eu peur que nos dénonciations finissent par tomber dans l’oreille d’un sourd, comme si la violence était rendue normale. J’ai eu cette pensée et, croyez-moi, je suis la première à dénoncer ces gestes et ces paroles déplaisantes.

Il faut continuer à aller de l’avant et à lutter pour celles qui n’en ont pas la force parce qu’elles ont peur de leur conjoint, sont mises au pied du mur et sont menacées de toutes parts — ces femmes dont le conjoint menace de les tuer ou de leur enlever les enfants si elles parlent… Vous voyez, la violence conjugale, c’est aussi des paroles déplaisantes. Ces paroles sont en fait le début de l’escalade qui mène ultimement à la dernière marche, celle à laquelle il ne faudrait jamais arriver. Il faut continuer notre combat.

 

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Isoler pour mieux dominer

Lorsque j’étais avec le père de mon enfant, il m’avait tellement bien isolée de mes proches que j’en étais rendue très éloignée : en Colombie-Britannique.
Je ne m’en rendais pas compte à lépoque, mais d’une certaine façon, il choisissait mes relations amicales et sélectionnait avec qui IL voulait que je sois amie, donc exerçait un contrôle sur ma situation. J’étais même arrivée à la conclusion, à un moment, qu’il avait supprimé de mes contacts un ami en particulier, car je sais que ça ne lui plaisait guère que je parle à ce dernier. Je suis certaine que c’est pour cette raison que je ne trouvais plus ses coordonnées nulle part. Si ma relation avait été saine, pensez-vous réellement qu’il aurait fait ça?

 

Lorsque nous subissons de la violence conjugale, l’emprise commence tranquillement, se dessine un jour à la fois. La violence débute très sournoisement par la manipulation, l’isolement et le contrôle; elle finit ensuite, une fois la victime bien isolée et loin de sa famille, par les coups. C’est ce que nous appelons l’escalade de violence conjugale.

 

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Cette semaine, je vous parle des conséquences de la violence sur votre santé.

Voici quelques faits avancés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

Lien pour OMS

  • La violence à l’encontre des femmes, qu’elle soit le fait d’un partenaire intime ou de nature sexuelle, est un grand problème de santé publique et une violation majeure des droits de la femme.
  • Selon les estimations mondiales de l’OMS, 35 % des femmes, soit près d’une femme sur trois, indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie.
  • En moyenne, 30 % des femmes qui ont eu des relations de couple signalent avoir subi une forme quelconque de violence physique et/ou sexuelle de la part de leur partenaire.
  • Au niveau mondial, jusqu’à 38 % des meurtres de femmes sont le fait de leur partenaire intime masculin.

On ne pense pas toujours à toutes les conséquences que la violence conjugale peut avoir sur nous et notre entourage, car la violence, comme je le dis toujours, ne cause pas que des bleus. Elle mine notre moral et notre santé mentale — de quoi devenir fou.

Une fois bien outillée et prête à s’en sortir, la victime peut prendre un certain temps avant de se remettre de toute cette violence. Je le répète : un œil au beurre noir, avec le temps, finit par disparaître, mais les paroles ingrates restent longtemps après. Le défi est d’avoir à nouveau une bonne opinion de soi-même après avoir subi autant de dénigrement.

 

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Cycle de la violence conjugale

Voici ce que nous appelons le cycle de la violence. Une fois entré dedans, il est difficile d’en sortir.

Il est surtout ardu pour les proches de comprendre pourquoi la victime reste auprès de son agresseur. Ce n’est pas simple; souvent, la victime est sous son emprise et reçoit des menaces. Mettez-vous à sa place : que feriez-vous si votre conjoint vous menaçait de vous tuer si vous partiez, ou pire (si cela se peut), de vous enlever les enfants?
Bien sûr, ce comportement n’arrive pas du jour au lendemain. Le climat de tension s’installe de façon vraiment insidieuse. Ces agresseurs sont de fins manipulateurs et ils savent où venir nous chercher, comment toucher notre corde sensible, car ils nous ont bien examinées avant.

Au début, j’excusais le comportement de mon conjoint. Oui, totalement. Il était marabout à l’occasion lorsqu’il revenait du boulot, mais qui ne l’est pas? J’ai vu ce côté de lui à peine deux semaines après avoir commencé à le fréquenter, j’ai donc rapidement été témoin de ses sautes d’humeur. Je me disais : « Ce n’est pas grave, il a eu une dure journée, il travaille fort, il est couvreur… » Puis, un jour, les sautes d’humeur changent et tout est soudain de ma faute. Encore une fois, tout cela prend du temps et n’arrive pas du jour au lendemain. Son comportement agressif, j’en avais pris conscience. Ma petite voix intérieure me disait de partir, mais ma tête me disait de rester.

Notre petite voix est importante : elle nous guide souvent vers la bonne décision, mais malheureusement, nous ne l’écoutons pas.

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Plus des trois quarts des victimes d’homicides familiaux sont de sexe féminin

Au Québec, les hommes représentent 70 % des victimes de l’ensemble des homicides perpétrés en 2014. Pour ce qui est des homicides familiaux, une tendance inverse est observée puisque les femmes en sont les principales victimes. Elles représentent 78,9 % des victimes, alors que les hommes en constituent 21,1 %.

En ce qui concerne les 30 % de femmes assassinées en 2014, 90 % d’entre elles l’ont été dans un contexte familial. Ce fait rejoint le constat de Millaud et coll. (2008) stipulant que de 50 à 70 % des agresseurs sont des membres de l’entourage familial.

Les enfants de moins de 12 ans sont les principales victimes d’homicides familiaux

Durant la dernière décennie, 44 enfants de moins de 12 ans (16,4 %) ont été assassinés par un membre de leur famille, faisant d’eux les principales victimes des homicides familiaux. À partir de 12 ans, le nombre de victimes tend à augmenter avec l’avancement en âge jusqu’à 49 ans (graphique 4). Par la suite, il diminue.

Source : Sécurité publique Québec http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-et-statistiques/statistiques/homicides-familiaux/en-ligne.html

Je désire démontrer à l’aide de ces statistiques que la problématique de violence conjugale n’est toujours pas résolue. Ces données remontent à 2014, ce qui n’est pas si loin. Encore trop souvent, nous entendons à la télévision et lisons dans les journaux que des femmes et des enfants sont assassinés par un conjoint jaloux.

En fait, j’ai appris avec le temps, durant mes ateliers de dévictimisation, que l’homme devient jaloux au moment où sa conjointe tombe enceinte. Il jalouse en effet ce petit être qui vient prendre une place importante dans la vie de sa femme. J’insiste ici sur le mot SA; oui, il en fait SA possession. Maintenant, elle devient mère d’un petit être qui n’a pas demandé à voir le jour. Ce petit être, le conjoint violent n’est pas en mesure de l’endurer… même si c’est le sien. Comme il ne supporte pas devoir partager SA femme, il élimine la menace. Oui, c’est difficile à comprendre, mais c’est ce qui arrive dans les faits et les statistiques des homicides conjugaux le prouvent.

Le conjoint se dit alors qu’il n’y aura plus d’obstacle et que sa femme redeviendra sienne. Il s’agit d’une forme de violence très forte, de contrôle. Lorsqu’il tue aussi la mère, c’est surtout parce qu’elle a choisi de laisser le nid familial. Il se dit alors : « Si moi, je ne peux pas l’avoir, personne d’autre ne l’aura. »